Note du 18 mai

En ce moment je me rêve en train de discuter de maths avec un prof, d’un truc sur lequel je suis curieux et que je veux pousser (la topologie, la 4ème dimension, les fractales). Mais je me suis laissé pourrir.

Exemple la topologie, j’étais intéressé mais finalement je me suis bourré le crane en L3 pis je n’ai pas repris.
La dynamique des fluides, la proba, rien.
Je me dis que j’aurais aimé être viré de la fac à la fin du 3ème semestre, quand je me rend compte que je ne suis pas intéressé en dehors de la fac et que je ne bosse que pour les exams, pas par intérêt. Le crime de ne pas mettre les gens en face du fait qu’à un moment iels auront un travail et donc comment faire pour que ça leur plaise.

Du coup en maths je ne me suis jamais forcé à réfléchir (pendant mon stage je m’amusais à galérer mais que sur la programmation), j’ai juste appris à reproduire les schémas des cours.
Ça craint et ça mène nulle part, mais à la fac iels préfèrent séparer entre “celleux qui travaillent” et “celleux qui ne travaillent pas” plutôt qu’entre “celleux qui sont épanoui-e-s” et “celleux qui ne le sont pas”.

Expériences montréalaises I : zéro déchet

Quand j’essaie de me remettre dans l’ambiance de mon premier séjour à Montréal, je me vois de l’eau jusqu’à la taille: le froid, mon travail de recherche, les cours et les rencontres demandaient chacun un investissement conséquent pour des faibles résultats. L’acclimatation, faire ses racines. Se retrancher sur le street-art, le sport, les amis en France, les BDs et les bouquins. J’aurais quelques trucs à raconter, mais plus de désillusions et réalisations que de véritables découvertes.

En comparaison, mon second séjour me parait correspondre à de l’eau au genou,  avec le vent dans le dos: en abandonnant les envies d’efficacité et de communauté que je nourrissais à Lyon, je me suis concentré sur le long terme, la construction lente. J’ai dépensé une quantité inédite d’énergie et de temps à explorer une idée renforcée pendant l’été: ne plus être l’engrenage d’une machine qui me blesse. Inspiré peut-être des frictions entre le grévisme pro-législation du revenant Là-Bas si j’y suis et les “pourquoi ?” tenaces de la pensée anarchiste d’une nouvelle amie, ce raisonnement devint une priorité dans mes réflexions “politiques”: enlever la poutre de son propre œil avant d’aider son voisin à se débarrasser de sa paille. Trois exemples, donc. Continue reading

Capitalisme, désir et servitude – Marx et Spinoza, Frédéric Lordon (2010)

Je porte peu de livres aussi près de mon cœur que celui-ci: la découverte de Spinoza il y a deux ans donnait déjà une autre saveur au monde des joies et des peines, grandissant avec l’habitude que j’ai pris de calquer mes expériences sur la description du philosophe ; mais la puissance des outils de compréhension que donne Frédéric Lordon dans ce livre m’a proprement époustouflé, m’apportant les armes pour comprendre les mécanismes entourant un concept aussi capital que les émotions, si ce n’est plus: l’argent.

L’argent, c’est la monnaie saisie du côté des sujets. Si la monnaie est le moyen de paiement comme rapport social, l’argent est la monnaie comme objet de désir – ce “condensé de tous les biens dont il n’est plus guère de joie qui ne soit accompagnée de son idée comme cause” (Éthique). […] Le rapport social produit l’acceptation commune du signe monétaire et en fait par là, du point de vue des individus, un objet de désir – ou de métadésir puisque l’équivalent général est cet objet particulier qui donne accès à tous les objets de désir (matériels). p28

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Lou Andréas-Salomé, Friedrich Nietzsche (1894)

Lors de son cours à “l’Université Populaire”, Michel Onfray considère Ainsi parlait Zarathoustra comme l’ouvrage de Nietzsche le plus dur d’accès et donc conseille de le lire après tous les autres: ce fut pour moi le premier. Même si j’ai été touché par sa poésie et quelques-unes de ses idées, j’ai bien senti que je ne pénétrais pas l’obscurité de Zarathoustra, que je n’avais pas accès à sa puissance. Onfray plaçant la biographie de Lou Salomé en première position, je décidai de m’y plonger.

Y a-t-il […] une prédilection intellectuelle pour ce qu’il y a de dur, d’effrayant, de cruel, de problématique dans l’existence, qui viendrait du bien-être, d’une santé débordante, d’une plénitude de l’existence? […] Se pourrait-il qu’il y ait – question pour aliéniste – des névroses de la santé? (la Naissance de la tragédie) p37

“Festspielhaus Bayreuth”, Guillermo Kuitca 2004

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Sénèque – De la briévèté de la vie (49)

Dès le titre, Sénèque illustre son talent de rhéteur, puisqu’on comprend bien vite que le lecteur est plutôt amener à trouver l’origine de cette sensation de brièveté plutôt qu’à apprendre comment la supporter. On pourrait alors renommer l’ouvrage “de votre oubli de la mort”, d’après la phrase suivante:

Vous craignez tout à la manière des mortels, mais vous désirez tout à la manière des immortels. p21

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Gandhi – Préceptes de vie

J’ai pendant longtemps laissé flotter dans ma tête la citation suivante, “apprends comme si tu devais vivre pour toujours, vis [aime] comme si tu devais mourir demain”. Elle me plaisait tellement que j’ai décidé d’explorer la pensée de Gandhi à travers ce livre qui répertorie ses opinions sur l’amour, la paix, la violence, le travail…
J’ai été un peu déçu, découvrant un Gandhi beaucoup trop religieux, ascétique et conservateur pour ma convenance: je ne porterais pas mon exploration plus loin. J’ai cependant trouvé parmi ces “préceptes” une élégante réponse à mes interrogations concernant l’importance à donner aux conséquences de mes actions:

Toute action, mentale ou physique, crée un attachement. Il est également vrai que tous les êtres vivants doivent accomplir quelque tâche, qu’ils le veuillent ou non. Mais comment peut-on donc être libre de l’attachement que crée l’action, alors précisément que l’on agit ? La façon dont la Gîtâ a résolu ce problème est à ma connaissance unique. Elle dit : “Accomplis la tâche qui t’a été confiée, mais renonce à ses fruits. – Sois détaché et travaille. – N’ai aucun désir de récompense et travaille.”
Le renoncement aux fruits ne signifie absolument pas l’indifférence aux résultats. Pour chaque action, on doit connaitre le résultat attendu, les moyens employés et la capacité de l’atteindre. Et l’on dira qu’il a “renoncé aux fruits de l’action” de celui qui, dans cet état d’esprit, s’implique totalement dans l’accomplissement de la tâche fixée, tout en étant dénué de tout désir pour son résultat.

Le deuxième paragraphe me parait particulièrement puissant, puisqu’il permet de concilier la pleine conscience de la raison qui me pousse à agir (le plaisir que je recherche) avec la sérénité de l’absence d’attente. Apaisant.

H. D. Thoreau – Désobéir (1850)

Il aura fallu une mention de La Vie sans Principe par Art of Manliness en tant qu’un argument pour ne pas lire l’actualité, un cours de Michel Onfray consacré à Thoreau et une discussion le soir où je rencontrais mon amie Jen pour me décider à me procurer ce livre.
Il est difficile d’ignorer que la plupart des textes succède de peu les 2 années que l’auteur passe dans sa cabane exigüe et qui feront l’objet de Walden ou la vie dans le bois, ses textes étant fortement emprunts d’expériences personnelles. Il rédige par exemple “Résistance au gouvernement civil” après avoir passer une nuit en prison pour avoir refuser de payer un impôt dans lequel il voit un support à l’esclavagisme.
Néamoins, pour m’exprimer de façon concrète, en citoyen et non à la façon de ceux qui se proclament hostiles à toute forme de gouvernement, je ne réclame pas sur-le-champ sa disparition mais son amélioration immédiate. Que chacun fasse connaître le type de gouvernement qui forcerait son respect et ce geste constituera une première étape vers son obtention. (Résistance au gouvernement civil)

Plan de la cabane de Walden, présentée par Marie-Ève Martel pour l’exposition “Transcender l’architecture”

Ernest Hemingway – For Whom the Bell Tolls (1940)

One year after having spent an hour referencing all the fiction books Art Of Manliness recommanded, I felt cornered by this long list that remained untouched so far. I rarely read fiction as I felt most of the books I found to be more a distraction than something I would really engage in. Nonetheless, the distinction that Camus makes between a author asking questions and fiction authors (here Dostoievski) keeps resonate (‘But he illustrates the consequences that such intellectual pastimes may have in a man’s life, and in this regard he is an artist’). This time I picked For Whom the Bell Tolls, and I had exactly this!

“What lies beneath the surface”, from FFFFOUND!

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Paris : lieux non-policés

[J’ai créé une carte Google des lieux que je mentionne, ici.]

J’ai écrit mon article sur Lyon l’année dernière parce que j’avais galéré de mon coté à trouver des coins non conventionnelles à Lyon, en découvrant plus par copinage entre les organismes que par une source dédiée à cela : les quelques heures que j’ai passé à faire mes recherches pour mon court séjour à Paris m’ont persuadé que je pourrais pondre quelque chose d’utile avec ce que j’ai vu tout le long.

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Le Marquis de Sade – Justine ou les infortunes de la vertu (1791)

Je n’avais jamais entendu parler des “Malheurs de la vertu” avant qu’une amie explique son prénom par le goût de ses parents pour le Marquis de Sade. Un épisode de “Ça peut pas faire de mal” consacré à la littérature érotique et les quelques séances que Michel Onfray a dédié à Sade m’ont décidé à entamer “Justine”. Un long roman, sur lequel j’ai un avis plutôt mitigé.

Il se saisit de mes bras, il les lie sur mes reins,puis il passe autour de mon cou un cordon de soie noire dont les deux extrémités, toujours tenues par lui, peuvent, en serrant à sa volonté, comprimer ma respiration et m’envoyer en l’autre monde, dans le plus ou moins de temps qu’il lui plaira. p329

From Tim Richnmond’s Winn Dixe

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