Instant gratification is Apple’s flaw, reveals a former Apple designer

Around 7 minutes in his talk, Tony Fadell talks about the “charge battery before use” issue of every gadget back when he was designing the iPod. He describes the frustration  it caused as unbearable, “I have to wait what felt like an eternity to use that coveted new toy”: in order to not kill the built-up excitement of the purchase by this wait, Steve Jobs decided they would lengthen the production cycle so that iPod came fully charged. “So that customers, with all that exhilaration, could just start using the product”.

Now everyone does the battery thing, but it also became what is for me the biggest weakness of Apple products: they want to excite you by what they do, not by what you can do with them. When I’m using an Apple product, the first minutes are all “wow, very shiny, many fast, much useful”, amazement and so on. But because that is mostly what the designers cared about, they never thought about how can YOU make it better, suit your needs. Everything is built in, nothing can be built up.

Disclaimer: this note is built on the contrast between  improving my computer due to Windows limitations and having to bend myself to the way OS X thought I should work.

Tony Fadell is said to be “originator of the iPod” on TED.com, you can see his talk here, “The first secret of design is … noticing

Alain de Botton – Architectur of Happiness

Almost 2 years passed between the recommendation I received on Quora and me actually reading this book, during which I kept in mind that either from this one or the shorter How to Read Buildings, I wanted at one point acquire basic knowledge in architecture and sharpen my sensibility towards my surroundings.

Breaking the cal

Breaking the calm and stillness of water with a water jet to bring attention (if needed) to this huge glass wall – the kind of thinking I had after reading de Botton [Conseil Général du Languedoc Roussillon]

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Albert Camus – Noces (1939) (+ l’Été)

Je pense qu’il me faudra un moment avant de me remettre de L’Envers et l’Endroit : les paraboles et les récits de voyage entrelacés m’ont profondément touché. Le même style se retrouve dans Noces, mais il est cette fois-ci beaucoup plus contemplatif. J’étais tout de même ravi de découvrir une nouvelle fois l’amour de Camus pour le soleil, la mer, le bonheur simple d’une présence au monde ; ce fut de plus grand secours alors que j’arrivais dans un Montréal glacial.

Mr. Maciej, par Peter Zeglis

Mr. Maciej, par Peter Zeglis

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Montaigne – Essais I (1588)

  Je ne me mêle pas de dire ce qu’il faut faire au monde, d’autres assez s’en mêlent, mais ce que j’y fais. “Tel est mon usage, pour toi, fais comme il te convient” [Térence] (XXVIII,  De l’Amitié)

Les compagnons de Demosthenes en l’ambassade de Philippus, louaient ce Prince d’être beau, éloquent, et bon buveur : Demosthenes disait que c’étaient louanges qui appartenaient mieux à une femme, à un avocat, à une éponge, qu’à un Roi. (XL, Considérations sur Ciceron)

Dans son cours consacré à Montaigne, Michel Onfray insiste de nombreuses fois sur l’auteur d’une des œuvres majeures du XVIème siècle a toujours affirmé préférer les sorties à cheval ou les discutions avec un “honnête homme” que la lecture d’un livre ; et j’étais surpris de l’entendre défendre le divertissement si celui prévient le malheur : intrigué par l’exotisme de ces deux points de vue, et avec 3 séjours à Montréal en perspective, j’achetais les Essais et m’attaquait au premier volume en arrivant au Canada.

Rob Ryan, look closer and closer

Rob Ryan, look closer and closer

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Saint-Exupéry – Terre des hommes (1939)

Dans ce livre, Saint-Exupéry apparait comme une figure de la phrase de Bergson : “Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action.” À travers le récit de rencontres, de voyages ou d’accidents qui l’ont touché lui ou des amis, il livre sa vision du monde comme il la sent façonnée par son travail, aviateur pour l’Aéropostale.

Si je cherche dans mes souvenirs ceux qui m’ont laissé un goût durable, si je fais le bilan des heures qui ont compté, à coup sûr je retrouve celles que nulle fortune ne m’eût procurées. p35

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George Perec – Un homme qui dort (1967)

On m’a conseillé ce livre au détour d’une conversation sur les gens qui disaient “ne rien faire” et l’absurdité que cela constitue quand on y réfléchi un peu : un ami d’ami évoque alors “Un homme qui dort”, le récit d’un homme qui du jour au lendemain de fait plus rien, absolument rien, reste immobile chez lui. L’idée en soi et le fait qu’un roman puisse en être issu sont assez déroutants, mais la curiosité pour Perec que m’a donné un “Ça peut pas faire de mal” et le semblant d’une réponse (même absurde) au divertissement pascalien m’a amené à me le procurer.

Sleeping lovers, from FFFFOUND

Quelle bonne idée ! Quel roman déroutant ! L’action (donc l’inaction) y est décrit à la deuxième personne du singulier, donnant un ton à la fois extérieur et intime à la narration : les 90 pages pendant lesquelles on suit cet homme anonyme qui s’arrête d’être tout en continuant à vivre, ou bien l’inverse, résonne pour moi comme un second Malone Meurt :

C’est un jour comme celui-ci, un peu plus tard, un peu plus tôt, que tu découvres sans surprise que quelque chose ne va pas, que, pour parler sans précautions, tu ne sais pas vivre, que tu ne sauras jamais. p15

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Bourdieu – Science de la Science et réflexivité (2001)

Science de la Science et réflexivité est un super livre, qui fait un peu mal à la tête. Cet ouvrage émane de la volonté d’honnêteté de la part de Bourdieu qui consiste à tenter d’appliquer à la sociologie les outils que cette même sociologie utilise pour analyser et comprendre les autres sciences, en se heurtant au double statut d’objet d’analyse et de méthode d’analyse qu’obtient alors la sociologie.

La sociologie qui pose aux autres sciences la question de leurs fondements sociaux ne peut s’exempter de cette mise en question. Portant sur le monde social un regard ironique, qui dévoile, qui démasque, qui met au jour le caché, elle ne peut se dispenser de jeter ce regard sur elle-même. Dans une intention qui n’est pas de détruire la sociologie, mais au contraire de la servie, de se servir de la sociologie de la sociologie pour en faire une meilleure sociologie. p16

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Etty Hillesum – Une vie bouleversée (1943)

Cette lecture fût très agréable et touchante, remplie de vie comme quotidien et surtout comme réaction : on y suit pendant plus de 2 ans la vie de Etty Hellisum, puisque Une Vie Bouleversée rassemble les écrits du journal de la jeune hollandaise de 1941 au 1943.

Les barraquements de Westerbrok, le camp de concentration où Etty Hillesum passa 1 an de 1942 à 1943.

Les barraquements de Westerbrok, le camp de concentration où Etty Hillesum passa 1 an de 1942 à 1943.

L’ouvrage commence en parallèle avec une thérapie sur le conseil de Julius Spier : elle y consigne ses pensées d’une manière très personnelle, tel qu’un journal invite à le faire. Elle cherche à identifier ses tourments, leurs causes et parfois à les accepter.

Rien à faire, il me faudra bien résoudre mes problèmes ; et j’ai toujours l’impression que, si j’y parviens, je les aurai résolus aussi pour mille autres femmes. C’est pourquoi je dois “m’expliquer avec moi-même“. Mais la vie est bien difficile, surtout quand on ne trouve pas ses mots. p45

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Clément Rosset – Le réel et son double.

Le réel et son double est le premier essai que je lis dont l’auteur se donne un sujet d’analyse aussi précis pour commencer :

L’essai qui suit vise à illustrer [le] lien entre l’illusion et le double, à montrer que la structure fondamentale de l’illusion n’est autre que la structure paradoxale du Double. Paradoxale, car la notion de double, on le verra, implique en elle-même un paradoxe : d’être à la fois elle-même et l’autre. p18

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