Ray Bradbury – Fahrenheit 451

J’ai beaucoup aimé et l’ai lu très vite. La passivité des gens en général est très bien décrite, et le caractère de Montag qui en quelque sorte s’éveille au fur et à mesure (et craque aussi un peu) mène bien le roman.

Alleycat photography

Il sentit son corps se scinder en deux, devenir chaleur et froidure, tendresse et dureté, tremblements et impassibilité, chaque moitié grinçant l’une contre l’autre.
p46

– Laisse-moi tranquille, protesta Mildred. Je n’ai rien fait.
– Te laisser tranquille ? Très bien, mais comment je fais pour me laisser tranquille ? Nous n’avons pas besoin qu’on nous laisse tranquilles. Nous avont besoin de vrais tourments de temps en temps. Ca fait combien de temps que tu ne t’es pas vraiment tourmenté ? Pour quelque chose d’important, quelque chose d’authentique ?
p79

La paix, Montag. Proposez des concours où l’on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel Etat ou de la quantité de maïs récoltée dans l’Iowa l’année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de “faits”, qu’ils se sentent gavés, mais absolument “brillants” côté information. Ils auront alors l’impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie.
p90

Peu importe ce que tu fais, disait-il, tant que tu changes une chose en une autre, différente de ce qu’elle était avant que tu la touches, une chose qui te ressembles une fois que tu en as fini avec elle. La différence entre l’homme qui ne fait que tondre le gazon et un vrai jardinier réside dans le toucher, disait-il. L’homme qui tond pourrait tout aussi bien n’avoir jamais existé; le jardinier, lui, existera toute sa vie dans son œuvre.
p203

“Je hais ce Romain du nom de Statu Quo ! me disait-il. Remplis-toi les yeux de merveilles, disait-il. Vis comme si tu devais mourir dans dix secondes. Regarde le monde. Il est plus extraordinaire que tous les rêves fabriqués ou achetés en usine. Ne demande pas de garanties, ne demande pas la sécurité, cet animal-là n’a jamais existé. Et si c’était le cas, il serait parent du grand paresseux qui reste suspendu toute la journée à une branche, la tête en bas, passant sa vie à dormir. Au diable tout ça, disait-il. Secoue l’arbre et fait tomber le paresseux sur son derrière !”
p204

Photo de Alleycat-Photograph, que j’ai trouvé dans le dernier numéro de VousYêtes, que vous pouvez trouvez ici

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