Romain Gary – Gros-Câlin

HumAn – Guillaume Ducreux

J’ai acheté ce livre sur les conseils d’un libraire, ce qui est suffisamment rare pour être souligner. J’avais déjà lu La vie devant soi du même auteur, que j’avais préféré : le ton était plus familier mais les sentiments plus vrais, et plus d’espoir émanait de Momo, l’enfant héros de La vie devant soi que de M. Cousin, centre de Gros-Câlin.

Mais j’ai adoré la fin alternative, publiée après la mort de l’auteur ; tellement surréaliste.
Qui suivent quelques bribes qui m’ont plu, dans lesquelles M. Cousin évoque son désarroi devant l’amour, et le décalage qu’il perçoit entre lui et le monde des autres ; ou bien juste des formules absurdes.

 

Car il ne s’agit pas seulement de tirer votre épingle du jeu, mais de bouleverser tous les rapports du jeu avec les épingles. p 14

Quand ce n’est pas là, ça ne fait que grandir, ça prend toute la place. p 16

“Et puis, toi, au moins, tu as un regard. La plupart des gens ils n’ont rien dans les yeux, tu sais, comme les voitures qui se croisent la nuit, pour ne pas éblouir, allez, au revoir. p 73

On ne sait pas assez que la faiblesse est une force extraordinaire et qu’il est très difficile de lui résister. p 80

Les murs, on peut écrire dessus n’importe quoi, ça tient. C’est solide, les murs. Ce sont les graffiti qui le prouvent. p 87

D’ailleurs, je n’attendais nullement qu’il mette son bras autour de mes épaules, en me jetant un de ces “ça va?” qui permettent aux gens de se désintéresser de vous en deux mots et de vaquer à eux-même. p 134

Je sais également qu’il existe des amours réciproques, mais je ne prétends pas au luxe. Quelqu’un à aimer, c’est de première nécessité. p 135

Je ne sais pas quelle forme prendra la fin de l’impossible, mais je vous assure que dans notre état actuel avec ordre des choses, ça manque de caresses. p 137

Il y avait là un conflit intérieur dont on n’a aucune idée, quand on manque de la faiblesse nécessaire. p 156

Mon cœur s’est glacé, comme chaque fois qu’il y a manifestation de rejet et échec de greffe du cœur. p 203

La vérité, c’est qu’il y a une quantité incroyable de gouttes qui ne font pas déborder le vase. p 218

À la sortie du métro, le ticket ne me jeta pas et me garda à la main avec sympathie, il savait que je passais par des moments difficiles. p 242

Je ne pense jamais à Mlle Dreyfus, sauf pour m’assurer tout le temps que je ne pense pas à elle, pour la tranquillité d’esprit. p 243

Ce n’était pas dit avec écailles et péjoration, mais avec amour. Je suis ici le plus grand connaisseur connu de l’amour à cause de l’absence prolongée. p 288

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