Disparition de Là-Bas si j’y suis : retour

“Là-bas si j’y suis” s’arrête : après 35 ans d’existence, l’émission de Daniel Mermet est mise à la porte par la direction de France Inter pour des raisons fortement discutables. “Là-bas”, c’était tous les jours de la semaine 10 minutes de “répondeur” (une sélection de messages laissés par des auditeurs depuis la veille) puis 50 minutes d’un reportage parfois léger, parfois grave, parfois futile, parfois très poussé (notamment cette série sur l’Amérique en 12 épisodes).

C’est triste de voir mon émission préférée disparaitre des ondes, une peine accompagnée de l’incapacité d’action chère à France Inter, qui a l’habitude de se séparer des animateurs gênants. Tout ce que je peux faire c’est essayer de mener quelques-uns d’entre vous à découvrir quelques épisodes qui m’ont particulièrement touché et intéressé [si vous me faites confiance, vous pouvez télécharger 16 épisodes que j’ai sélectionné, ici sur Mediafire].

Je voudrais pas crever, diffusé pour la première fois en 1995, est un micro-trottoir comme Là-bas si j’y suis les voit : Christelle Loigerot laisse ses rencontres compléter le poème de Boris Vian “Je voudrais pas crever avant…”. Les émissions de ce type sont composées au fil des autres reportages, si bien qu’on y rencontre souvent une grande variété de personnes : quelques autres bijoux du même genre Le premier matin, L’enfant qui rêve, Le manger des enfants, La photo du père, Je vais vous faire peur.
[Je voudrais pas pas crever est aussi mon épisode favori jusqu’à aujourd’hui]

Les derniers jours est l’épisode le plus bouleversant que j’ai écouté. En 2011 Inès Léraud recueille les derniers instants de son grand-père, poète, humaniste, et malade. Des rencontres comme celle-ci, Là-bas nous en offrira beaucoup, comme Annie Van Espen, sourde et aveugle, Pierre Seel, homosexuel déporté et les épisodes 107 milliards plus Pablo, Une longue, longue absence ; qui vous attrapent le cœur, sans sentimentalisme.

Là-bas était aussi une émission d’éducation populaire, d’éducation politique hors du commun : elle m’a amené à découvrir d’importants évènements/initiatives/révoltes sociales qui font aujourd’hui partie de mon identité politique. L’épisode m’ayant fait découvrir La Chanson de Craonne et les mutins de la première Guerre en est l’exemple le plus frappant, mais Marinaleda (une tentative de démocratie réelle et d’égalité sociale en Espagne). Et de minutieux retours avec un épisode en Afrique du Sud en 92 (Adieu Madiba !), un autre sur le Conseil National de la Résistance.

Et enfin, des reportages sans prétention, qui donnent la parole à des gens ni miséreux, ni révoltés, mais des gens, simplement : dans Quand on voit Paris d’en haut ! on suivra des ouvriers de zinguerie sur les toits de Paris.

[J’ai découvert toutes les chansons de l’article en écoutant “Là-Bas”. Plus qu’une simple émission de radio, c’était l’un des derniers médias qui me reliait encore à l’actualité, vu qu’on peut pas compter sur Guillaume Gallienne et Jean-Claude Ameisen pour en faire autant. C’est triste.]

 

[D’autres chansons, Marianne Oswald dans Pas plus grosse qu’une allumette ; Zoufris Maracas dans Liberté, égalité, gratuité ; Raoul de Godewarsvelde]

 

 

 

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