Paul Schilder – L’image du corps

Quand je lis un livre j’ai toujours quelques pensées sur ce que je pourrais en dire ici, et cette fois-ci cela m’a rapidement paru problématique : je ne suis pas capable de donner un aperçu d’un ouvrage aussi dense dont les idées et explications s’étendent parfois sur 10, 20 pages. Pourtant, une phrase m’a marqué :

[…] toute la présente étude indique clairement que, au moins sur des points très importants, notre corps n’est pas plus près de nous que ne l’est le monde extérieur. […] Nous accaparons des parties des images du corps des autres, et nous projetons des parties de notre image du corps ou celle-ci tout entière dans les autres. Il y a des échanges mutuels permanents entre notre image du corps et celle de chacune des personnes qui nous entourent, échanges qui peuvent jouer entre les parties ou entre les totalités.

Stuart Penn (2000), une œuvre du sculpteur Marc Quinn, qui a représenté de nombreuses personnes mutilés. Lorsque que Schilder parle des “échanges permanents”, on comprend la gène entrainée par la vision de membres amputés, déformés puisque c’est mon image du corps, l’image de mon corps qui se trouve bouleversée et remise en cause.

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Boris Vian – L’Écume des jours (1947)

Je me retrouve ici dans le même cas que pour le Cimetière des pianos, étant donné que j’ai trouvé peu de citations dans ce livre : contrairement à l’Herbe rouge qui m’a beaucoup marqué et qui me revient souvent, les quelques passages marquants de l’Écume des jours le sont surtout par leur poésie.

From the amazing "Hours", Harry Matenaer

Une des photos de “Hours”, Harry Matenaer.

Ne me remercie pas, dit Colin. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes, c’est celui de chacun. p81

Chloé avait passé ses bas, fins comme une fumée d’encens, de la couleur de sa peau blonde et ses souliers hauts de cuir blanc. Pour tout le reste, elle était nue, sauf un lourd bracelet d’or bleu qui faisait paraître encore plus fragile son poignet délicat. p87

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