Kundera – L’insoutenable légèreté de l’être (1982)

Je ne vais pas dire grand chose sur “L’insoutenable légèreté de l’être”, qui correspond assez à ce que j’attend en ce moment d’une œuvre de fiction : un bon moment à la lecture et quelques réflexions intéressantes.

Le plus intéressant peut-être avec ce roman, c’est tout simplement de voir des personnes vivre, évoluer dans une relation : la manière avec laquelle Tereza vit ses souffrances et ses angoisses, son ressenti vis-à-vis des infidélités de Tomas, le rapport de celui-ci avec les femmes en général.

Tomas se disait : coucher avec une femme et dormir avec elle, voilà deux passions non seulement différentes mais presque contradictoires. L’amour ne se manifeste pas par le désir de faire l’amour (ce désir s’applique à une innombrable multitude de femmes) mais par le désir du sommeil partagé (ce désir-là ne concerne qu’une seule femme). p29

La réflexion sur “l’insoutenable légéreté de l’être” qui ouvre le roman reste pour moi peu approfondi : il est probable que cette légèreté, ressenti lorsque l’on se défait du faux poids que l’on donne à nos vies, soit étudiée à travers la vie des personnages mais il semblerait qu’elle me soit hors d’atteinte, comme lors de ma lecture des Démons de Dostoïevski.
Celui qui veut continuellement “s’élever” doit s’attendre à avoir un jour le vertige. Qu’est-ce que le vertige ? La peur de tomber ? Mais pourquoi avons-nous le vertige sur un belvédère pourvu d’un solide garde-fou ? Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. p93
Enfin, j’ai beaucoup apprécié la description, le récit des échanges entre Tomas et les femmes, jamais vulgaire, toujours tendre et avec parfois une simplicité dont on est facilement jaloux.
Grâce à elle, la conversation tournait d’emblée au badinage. Rien de ce qu’elle disait ne concernait le monde extérieur. C’était à eux seuls que s’adressaient toutes ses paroles. La conversation les ayant tout de suite intronisés tous deux comme thème principal, il n’était rien de plus facile que de compléter les mots par des attouchements, et Tomas, tout en parlant de ses yeux qu’elle plissait, les lui caressait. Et elle répondait à chacun de ces attouchements par sa propre caresse. Elle n’agissait pas spontanément, mais plutôt avec une persévérance voulue, comme s’ils avaient joué à “ce que tu me fais, je te le fais”. Ils étaient assis face à face, chacun les mains posées sur le corps de l’autre. p293

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