Expériences montréalaises I : zéro déchet

Quand j’essaie de me remettre dans l’ambiance de mon premier séjour à Montréal, je me vois de l’eau jusqu’à la taille: le froid, mon travail de recherche, les cours et les rencontres demandaient chacun un investissement conséquent pour des faibles résultats. L’acclimatation, faire ses racines. Se retrancher sur le street-art, le sport, les amis en France, les BDs et les bouquins. J’aurais quelques trucs à raconter, mais plus de désillusions et réalisations que de véritables découvertes.

En comparaison, mon second séjour me parait correspondre à de l’eau au genou,  avec le vent dans le dos: en abandonnant les envies d’efficacité et de communauté que je nourrissais à Lyon, je me suis concentré sur le long terme, la construction lente. J’ai dépensé une quantité inédite d’énergie et de temps à explorer une idée renforcée pendant l’été: ne plus être l’engrenage d’une machine qui me blesse. Inspiré peut-être des frictions entre le grévisme pro-législation du revenant Là-Bas si j’y suis et les “pourquoi ?” tenaces de la pensée anarchiste d’une nouvelle amie, ce raisonnement devint une priorité dans mes réflexions “politiques”: enlever la poutre de son propre œil avant d’aider son voisin à se débarrasser de sa paille. Trois exemples, donc. Continue reading