Textes et écrits

En février 2015 j’ai commencé un texte sur l’effet qu’a eu sur moi la lecture des pensées de Pascal. Je l’ai terminé en novembre de la même année et depuis j’écris d’autres petits textes de temps en temps. Les voici:

Cheminement idéologique: répertorier les quelques étapes qui m’amènent où je suis

  • 10.7.16: dans la réponse que le groupe Krisis donne aux critiques faites à son Manifeste contre le travail, je trouve de manière assez claire l’idée de “travail abstrait” qui m’échappe encore il me semble:

    Cela signifie que, dans la société marchande, les hommes entrent en relation entre eux et avec l’ensemble de la société par l’intermédiaire du travail ou, plus précisément, par la dépense de leur force de travail. Cette médiation ne s’effectue pas à travers les contenus spécifiques de leurs activités qualitativement différentes, donc pas à travers l’aspect concret du travail et des marchandises produites. Au contraire, il est fait abstraction de ces contenus. Ce qui compte, ce n’est pas ce qui est produit ni comment et dans quelles conditions ; mais uniquement que l’on assiste, dans la production de marchandises, à une dépense de force de travail.

    Ceci se manifeste dans mon envie de satisfaire l’envie de l’autre si cellui-ci me donne de l’argent : je ne me soucis pas la manière dont iel s’est procuré son argent en cherchant à vérifier que cela m’a bénéficié ; mais simplement qu’iel a lui-aussi bien créé (ou spoilié) la valeur en produisant un travail abstrait.
    Une autre idée:

    Chaque marchandise fait d’abord fonction de support et de représentant de la valeur qui, en dernière instance, doit se représenter encore et toujours comme argent. Sa face concrète, la valeur d’usage, n’est que le produit résiduel de cette fonction, une caractéristique matérielle fâcheuse sans laquelle, hélas, la vente ne peut se faire (ce côté « déchet », soit dit en passant, se voit dans la plupart des marchandises).

    C’est-à-dire que toute marchandise ne justifie son existence que parce qu’elle a permit la valorisation, c’est-à-dire qu’elle a été le support du cycle “échange initial” (matière première ou force de travail) – “dépense d’énergie” – “récupération de la valeur créée par ce travail abstrait” lors de l’échange ou de la vente.

  • 5.5.16: le texte Interventions #11 complète l’idée que je me faisais du fordisme.
    Le com­pro­mis social qui en est issu [du rap­port de clas­ses qui exis­tait pen­dant la période de plein emploi des Trente Glorieuses], le « mode de régula­tion for­diste » (échange d’une hausse de pro­duc­ti­vité du tra­vail contre une hausse des salai­res et un niveau élevé de pro­tec­tion sociale sur la base du sala­riat pour tous) […].
  • Mars 2016: la redistribution du pouvoir qu’opère une libéralisation de l’économie, avec “L’essence du néolibéralisme” de Pierre Bourdieu (dans le Monde Diplomatique)
    • Si on n’a pas de structure annoncé, alors les structures de pouvoir ne pourront même pas être dénoncées compte-tenu que l’on nie leur existence, avec La tyrannie de l’absence de structure
  • 19.3.16: je commence à réfléchir aux alternatives à entrainter *maintenant*, en même temps qu’une |réflexion plus globale. Des choses comme Living Wage Foundation, les AMAPs
  • 10.3.16: je deviens de plus en plus sensible à l’idée de travail abstrait développée au sein de la critique de la valeur selon laquelle “le travail est d’abord issu de la fonction de médiation sociale entre les hommes, qu’a le travail dans le type de socialisation produite par le capitalisme : c’est par le travail que j’obtiendrai les produits fabriqués par d’autres” (Travail, mention Critique radicale du travail sur wikipedia). Je suis ravi de pouvoir dépasser une vision du travail comme l’exploitation d’une partie de la population sur une autre, puisque j’entrevois à présent le capitalisme comme un système d’organisation de l’échange des produit de l’activité somme toute plutôt efficace si l’on parvient à faire admettre à une partie des humains qu’il est naturel de dominer et d’exploiter une autre partie, et à normaliser l’aliénation que subit de fait l’humanité.
  • 2.3.16 : je retrouve mes idées de suprématie paysanne la théorie physiocrate. Pas de chance, elle est formulée au XVIIIème siècle par des riches monarchistes.
  • 27.02.16: les idées de Contre le mythe autogestionnaire chamboulent pas mal mon idéalisation des coopératives et du travail justement réparti à ceux qui y participent. L’idée que “l’essence du capitalisme est la valorisation du capital par la production de marchandises dans le cadre d’unités productives autonomes” et toutes les conséquences qui en découlent (concurrence, surproduction, aliénation) me portent à devenir sensible à la “critique de la valeur” et à imaginer une coopération dictée par les besoins clairement énoncés de la communauté plutôt que sur les “demandes” et “offres” auxquels se soumettent les personnes.
  • 20.2.16: l’idée de surplus labour dans la description par Marx de l’accumulation de la production. L’idée qu’une fois la survie assurée il reste de la force de travail qu’une personne possédant déjà un capital commande et s’approprie. Je fais depuis la distinction entre travail et loisir, le second faisant référence à toute activité qui n’est pas portée vers la survie ou l’augmentation du temps non consacré à la survie.
  • 15.2.16: la lecture de The Subject of Liberty: Toward a Feminist Theory of Freedom  change profondément mon appréhension de l’idée de “liberté”. Je manipule alors deux concepts distincts: d’une part la possibilité d’entreprendre les actions que l’on a choisit (liberté non-contrainte), la seule à laquelle se réfère le discours dominant ; d’autre part la connaissance de tous les choix physiquement disponibles, cette capacité m’apparaissant comme réduite à néant dans les mentalités présentes.
  • Automne 2015: un chapitre de An anarchist F.A.Q. (G.1 Are individualist anarchists anti-capitalist?) identifie trois mécanismes du creusement des inégalités, le profit, l’intérêt et la location. Ce qui me porte à penser que seules les entreprises établies en coopérative permettent réellement une répartition juste des richesses.

 

Les concepts et les recherches sur lesquels je base certaines de mes idées